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Avis d’expert
Les associations face à la crise
 
Nombre d’associations se trouvent ou risquent de se retrouver à brève échéance fragilisées du fait de la crise économique actuelle et de la tendance à la réduction des aides publiques. Celles qui s’y seront préparées auront plus de chances de s’en sortir que les autres…
1ère recommandation : ANTICIPER !
Plus que jamais, toute association exerçant une activité économique, comme toute entreprise (au sens économique du terme) doit disposer des bons indicateurs de gestion, lui permettant de prendre les bonnes décisions au bon moment. Une association qui ne disposerait pas d’outils de gestion risquerait de se retrouver rapidement dans la situation du malade qui s’ignore ! Pour cela, il est indispensable :
-        De disposer d’un tableau de bord permettant de mesurer l’évolution du chiffre d’affaires, de la marge dégagée et de la trésorerie.
-        D’établir un budget prévisionnel réaliste, avec si possible un objectif de résultat positif. En effet, contrairement à une idée reçue, il n’est pas interdit à une association de dégager un excédent. Bien au contraire, c’est une nécessité vitale pour lui permettre d’assurer sa survie à terme, en l’absence de fonds propres significatifs (ce qui est interdit à l’association, c’est de distribuer son résultat…).
-        De s’appuyer pour cela sur les comptes de l’année précédente, arrêtés le plus rapidement possible (de préférence avec l’aide d’un expert-comptable).
-        D’être capable de prendre rapidement des mesures correctrices, en fonction de l’écart constaté au cours de l’année qui s’écoule entre la réalisation effective du budget et le budget prévisionnel. Plus ces mesures correctrices sont prises tardivement et plus il est difficile de sortir d’une situation de crise…
-        D’établir un plan de trésorerie prévisionnelle réaliste qui permette d’anticiper les éventuels problèmes de trésorerie.
2e recommandation : se poser les bonnes questions !
L’analyse des tableaux précédents doit contribuer à poser un diagnostic précis sur la santé économique et les perspectives de l’association :
1)     Sur l’activité :
-             Comment évolue le chiffre d’affaires par rapport à la même période de l’année précédente ?
-             Si le chiffre d’affaires baisse, pourquoi baisse-t-il ? (problème sur la qualité des prestations fournies, tarifs excessifs par rapport à la concurrence, manque de solvabilité de la clientèle, produit ou service obsolète…)
-             Quelle est la répartition du portefeuille client ? L’association est-elle fortement dépendante d’un seul ou de quelques gros clients ?
-             De nouvelles actions de développement commercial pourraient-elles permettre d’augmenter l’activité ? (démarchage, publicité, développement de partenariats…).
-            Attention : consentir des baisses tarifaires pour soutenir la demande peut rapidement s’avérer dangereux, sauf à prendre en parallèle des mesures d’amélioration de la productivité de l’association (réduction des coûts de production).
 
2)         Sur les autres produits d’exploitation :
-            Quelle est la pérennité des subventions perçues ? Quels sont les risques d’évolution à court et moyen terme des dispositifs d’aide publique ? Distinguer les subventions pluri-annuelles des subventions exceptionnelles ou dont la fin peut être proche (ex. : certaines aides à l’emploi).
-            Existe-t-il d’autres aides possibles auxquelles l’association n’aurait pas encore fait appel ?
 
3)         Sur les résultats
-            Le chiffre d’affaires dégagé (augmenté éventuellement des subventions d’exploitation) couvre-t-il les charges variables (matières premières + salaires et charges des personnels productifs) ? Autrement dit, l’association dégage-t-elle une marge sur coûts variables positive ?
-            L’association dégage-t-elle une marge nette positive (après prise en compte des charges fixes : salaires des personnels administratifs et d’encadrement, dotations aux amortissements, charges locatives…) ?
-            Si ce n’est pas le cas, quels sont les postes de charges sur lesquels il est possible de réaliser des économies significatives ?
-            Le cas échéant, la baisse d’activité nécessite-t-elle d’envisager la mise en place d’un plan d’économie, afin de maintenir des résultats d’exploitation positifs ?
 
4)         Sur l’équilibre financier global
-            L’association dispose-t-elle des ressources à long terme suffisantes (fonds propres et emprunts à long terme) lui permettant de couvrir ses besoins de long terme (immobilisations) ? Autrement dit, le fonds de roulement est-il positif ?
-            Comment évolue le besoin en fonds de roulement (BFR) et pourquoi ? Attention aux raisons d’une dérive des comptes clients comme de l’allongement des délais de règlements des fournisseurs et des dettes fiscales et sociales.
-            L’association dispose-t-elle d’une trésorerie suffisante et risque-t-elle de devoir faire face à des trous de trésorerie prévisibles ? (liés au versement tardif de certaines subventions, à la saisonnalité de l’activité…)
-            Comment évolue la trésorerie et pourquoi ? (L’évolution de la trésorerie ne suit pas forcément celle du chiffre d’affaires : par exemple la croissance de l’activité peut générer une baisse de la trésorerie si les clients paient de plus en plus tard. Inversement, l’amélioration de la trésorerie n’est pas forcément le signe d’une bonne santé financière, notamment si les délais de règlement des fournisseurs ou des dettes fiscales et sociales s’allongent…).
Quelques pistes de solutions possibles :
-            Faites appel le plus en amont possible à des conseils extérieurs pour vous aider à identifier les raisons de vos difficultés (expert-comptable, DLA…).
-            En cas de difficultés passagères de trésorerie, négociez les délais de règlement avec les fournisseurs et avec les organismes sociaux et fiscaux. Négociez également avec votre banquier (des outils existent : autorisation de découvert, Dailly…).
-            Essayez de rééchelonner votre endettement à court terme vers du moyen terme pour vous redonner un peu de marge de manœuvre financière. Les garanties d’emprunt bancaire et les apports associatifs avec droit de reprises à taux zéro mobilisables auprès du réseau France Active peuvent vous y aider.
-            En cas d’accident de trésorerie grave, ne pouvant être résolu dans les 45 jours, il faut procéder immédiatement à une déclaration de cessation de paiement et mobiliser les dispositifs légaux de sauvegarde des entreprises. Dans le cas contraire, la faute de gestion pourrait être retenu contre les dirigeants.
Dans tous les cas, l’association doit s’interroger sur sa stratégie de développement et ses perspectives à moyen et long terme : Quelles sont les bases essentielles du projet associatif qu’il convient de conserver et celles qu’il convient de faire évoluer, compte tenu des contraintes identifiées ?

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger ici l'excellent et très pédagogique petit guide (2,25 Mo)
"Anticiper et gérer une crise financière dans une association"
édité par les Comités de Bassin d'Emploi de l'Arrondissement de Béthune et Lille Métropole

N'hésitez pas également à nous contacter :
Pierre Capron, 01 43 91 13 86

Paru le 22/06/2009
Par Pierre CAPRON  E-mail
Chargé de mission Financement des Entreprises Solidaires Tél : 01 43 91 13 86
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